Or

Secteur extractif Une avancée vers la bonne gouvernance

K.B

Le rapport de réconciliation Initiative pour la Transparence dans les Industries Extractives ou Itie de Madagascar, au titre de l’exercice fiscal 2014 est sorti le 20 décembre 2016. « Il confirme une fois de plus la volonté du Gouvernement de se conformer aux standards les plus élevés en matière de transparence dans le secteur extractif » a noté le ministre auprès de la Présidence chargé des Mines et du Pétrole, Ying Vah Zafilahy.
La transparence est une condition nécessaire à la bonne gouvernance. Et comme l’a souligné le ministre Ying Vah Zafilahy, « la norme EITI est parmi les outils à notre disposition pour instaurer cette redevabilité économique, sociale et environnementale pour le secteur extractif ». Toujours d’après ce dernier : « L’instrument Itie œuvre à établir un diagnostic participatif et une prise de décision inclusive. Il scrute de manière indépendante et impartiale le processus de gestion du secteur extractif et offre un cadre de référence pour améliorer le dialogue entre la population, la société civile, les collectivités décentralisées, les pouvoirs publics et les sociétés extractives ». La sortie de ce rapport de réconciliation, malgré le léger retard, constitue ainsi une avancée considérable vers une meilleure gouvernance dans le secteur. Sachant que, comme défini dans le rapport lui-même, « la réconciliation est un exercice de rapprochement entre les décaissements des entreprises du secteur extractif auprès de l’Administration avec les encaissements reçus par cette dernière ». Et cet exercice se fait de manière indépendante et impartiale. D’ailleurs, ce dernier rapport a été réalisé par l’auditeur indépendant Pricewaterhouse Coopers Madagascar.
Un secteur d’avenir. Depuis quelques années, la croissance économique de Madagascar a été tirée par le secteur extractif. Durant l’année fiscale 2014, « les revenus générés par le secteur extractif, pour ce qui concerne les entités ayant procédé à des paiements significatifs, totalisent un montant de 60,97 millions USD ». Aussi, d’après le rapport, en termes de valeur ajoutée au prix courant, « la contribution des industries extractives est à hauteur de 4,18% du Produit intérieur brut (PIB) en 2014, contre 3,43% en 2013 ». De plus, en plus du secteur agricole et de l’agro-industrie, l’Etat continue de miser sur le secteur extractif pour soutenir la croissance économique du pays. Une orientation justifiée par les résultats de l’étude prospective diligentée par la Banque Mondiale qui affirment que « les retombées en termes de PIB devraient s’améliorer sous réserve du développement minier ou pétrolier à grande échelle ».
Toujours en vue d’améliorer la gouvernance du secteur, l’Itie a émis quelques recommandations dans son rapport de réconciliation. Des recommandations regroupées sous 18 thèmes précis dont, entre autres, la « fiabilisation des données fournies par les organismes collecteurs », « la tarification des substances », « l’harmonisation des statistiques et des procédures de contrôle, l’automatisation, l’institutionnalisation et l’amélioration du processus Itie », « la transparence et la divulgation des propriétaires réels »… Le ministre auprès de la Présidence chargé des Mines et du Pétrole, représentant le Gouvernement au sein de l’Itie, a déclaré être conscient des problématiques soulevées dans le rapport. Aussi, est-il « urgent » selon lui « de se pencher sur des mesures structurantes qui permettront de sécuriser les acquis nés du processus Itie ». Il a ainsi soulevé deux points précis pour ce faire. A savoir, « la modernisation et l’efficience des systèmes de contrôle des activités extractives et le recoupement d’informations afin d’assurer leur bonne contribution au développement du PIB pour une croissance inclusive », d’une part. Et d’autre part, « l’actualisation de la règlementation minière et pétrolière afin qu’elle puisse répondre au mieux à des besoins d’équité économique, sociale et qu’elle se mette en conformité avec les exigences de la norme Itie ».
« Ces deux points précis retiennent toute mon attention et doivent trouver une réponse adéquate avant les prochains rapports, pour que la transparence soit bénéfique à notre pays » a insisté le ministre Ying Vah Zafilahy.