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La société civile tire la sonnette d’alarme

Exploitation aurifère à Ambaladara Mananjary – A Ambaladara, dans le district de Mananjary, une autre mine d’or fait l’objet de controverse et risque de créer de nouvelles tensions entre la population locale et la société exploitante. Le collectif Tany et l’organisation Craad-OI, membres de la société civile malgache, tirent la sonnette d’alarme sur le cas de l’exploitation aurifère dans ce fokontany. L’absence de permis environnemental au titre de la société titulaire du périmètre minier, qui est une chinoise, est soulevée par ces deux organisations. 

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«Les opérateurs chinois n’ont toujours pas obtenu à ce jour les permis d’exploitation et environnemental requis » affirme le communiqué publié récemment par le collectif Tany et Craad-OI. Ces derniers ne devraient pas encore passer à l’exploitation, estime les deux organisations. Pourtant, « depuis le 25 décembre dernier, l’exploitation reprend même si elle a déjà été suspendue par le Chef de région en septembre 2016 » toujours selon le communiqué.
Cette reprise des activités d’exploitations risque alors de raviver la tension déjà électrique dans cette localité en septembre dernier. A cette date, une manifestation a été organisée à Ambaladara pour contester l’exploitation minière des chinois. La situation était trouble et les autorités locales ont décidé de suspendre les activités pour éviter que le feu ne prenne de l’ampleur. Depuis septembre, la situation est revenue à la normale dans cette localité. Mais un rebondissement est à craindre, estime le Craad-OI et le collectif Tany, depuis la reprise en décembre dernier. Surtout que les chinois pourraient, selon toujours ces dernières, utiliser le mercure dans leur exploitation alors que l’utilisation de cette substance dans l’orpaillage est interdite par la Convention de Minamata ratifiée par Madagascar, et est aussi très nocive pour l’environnement.
La société chinoise exploitante de la mine d’or à Ambaladara est de nouveau donc dans la tourmente sur la sellette. Et, selon le communiqué de ces organisations de la société civile, « la situation est d’autant plus préoccupante dans le contexte actuel de fortes tensions sociales liées à la suite donnée par les forces de l’ordre aux actes de justice populaire qui se sont succédés ces derniers temps dans le district de Mananjary ». Pour désamorcer la tension qui couve, le collectif Tany et Craad-OI « appellent toutes les parties prenantes à tirer les leçons de l’expérience récente avec certains projets chinois d’exploitation minière » et exhortent les autorités « à écouter la voix des communautés concernées, et à assurer l’obtention de leur consentement libre, éclairé et préalable avant tout projet d’investissement sur leur territoire ».