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Environnement Les réactions du Cram après le discours du PRM

Didier Ramanoelina

« Cela fait des années que le Cercle de Réflexion pour l’Avenir de Madagascar (Cram), membre fondateur de la plateforme dite « Vovonana Mampiray », a proposé aux différents régimes politiques qui se sont succédés dans le pays d’inclure une « Charte de l’Environnement dans la Constitution », affirme Joel Harison Marie René, Secrétaire Exécutif de la “Vovona Mampiray” et Président du Cram, en réaction à certains passages du discours présidentiel hier lors du banquet avec les Corps Constitués de l’État au Palais d’État d’Iavoloha.
La décision doit matérialiser la priorité accordée à la lutte contre la déforestation. Il s’agit aussi de prouver aux investisseurs étrangers qu’il existe des programmes impératifs conçus pour la préservation de nos richesses naturelles. Des ressources à léguer aux générations futures et qui ne sont pas susceptibles de régénération rapide. La seule perspective au cas contraire est de leur laisser en héritage un sol aride et un pays désertique, notamment lorsqu’il arrive maintenant que les aires classées sont illégalement exploitées. Des actes qui sont pointés du doigt comme étant à la source du réchauffement de la Terre et du changement climatique.
D’où s’impose, poursuit-il, la nécessité de mettre en place des projets crédibles dans l’objectif de former des agroforestiers dûment certifiés, d’étendre des surfaces réservées au reboisement ayant pour vocation de protéger l’environnement au niveau de chaque région ainsi que de reboiser. Reboisement qui, en même temps qu’il fournit du bois d’œuvre à destination d’unités industrielles décentralisées, est un bon pourvoyeur d’emplois à destination des jeunes des régions. Des projets socio-économiques d’envergure nationale afin de renforcer les fondements du « fokonolona », base de la nation malgache, soutient la plateforme.

Service national

Il importe également, selon le Cram, de reformuler les textes de loi relatifs au service national afin de réorienter les jeunes appelés sous les drapeaux vers des programmes à valeur environnementale, gage de la concrétisation du « Charte de l’Environnement ». Cette initiative devait permettre au phénomène des « doro tanety » de connaître un rapide recul car les jeunes du service national auront eu le temps d’inculquer à toute la population les avantages apportés par la mise en œuvre de la Charte au bénéfice des générations futures.
En dehors de cette démarche, toutes les visées et/ou visions visant à porter Madagascar au rang des Pays Émergents pourraient rester vaines, souligne Joël Harison. En effet, il est difficilement envisageable de léguer un développement durable aux futurs fils et filles de ce pays lorsque seulement 5% à 8% du territoire national dispose de couverture forestière. La fameuse « industrie naturelle » dont la Nature a doté notre pays et qui suscite l’envie du reste du monde ne serait plus qu’un désert en devenir, signe avant-coureur de la famine pour la population.
Une éventualité qui est loin d’être une vue de l’esprit lorsqu’on découvre avec effroi qu’actuellement, il ne reste plus que 10% de couverture forestière sur le territoire national.
La vision d’ériger une nouvelle Madagascar, pays puissant parmi le concert des Nations exige ainsi de fédérer l’effort de tout un chacun allant dans le sens du changement structurel partant de la base de la communauté via la mise en place de Comité pour l’Environnement au niveau des Fokontany, résume-t-il.