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CHRONICULTURE La culture pour le développement

J.Rakotonirina

Une remarque que les bien-pensants n’ont pas manqué de relever : les pays qui sont développés ou qui sont en train d’émerger sont ceux-là même qui ont su préserver et respecter (faire respecter… ?) leurs cultures et traditions, et les adapter à la modernité et aux technologies de pointe. A ce sujet, les exemples sont légion, pour ne citer que le Japon, l’Inde, la Chine, la plupart des pays européens…, et même les pays arabes ! Autant de pays qui, même s’ils ont été colonisés ou envahis à un moment de leur histoire, ont pu se départir de l’influence de cultures étrangères pour vivre et faire vivre leur propre culture, conformément à l’évolution et au développement de leur société.
Par contre, les pays qui s’empêtrent actuellement dans la fange de la pauvreté sont ceux qui ont « épousé », de gré ou de force, des cultures qui ne sont pas les leurs ! Des cultures de pays dominants considérées à tort comme synonymes de progrès et de développement…
Il en résulte un mal-être et même un déracinement difficilement compréhensibles par ceux qui le vivent. Ces pays ne sont pas en mesure de se réconcilier avec eux-mêmes. Pire, ils sont incapables de se forger une personnalité
« libre », une identité fière et spécifique. Evidemment, de tels pays ont du mal à se prévaloir d’une conscience nationale et même d’une dignité nationale, lesquelles sont les deux mamelles de la souveraineté nationale, et peut-être même d’un… réel développement.
Or, il est difficile de s’acheminer vers ce réel développement sans une réelle émancipation culturelle ! Car, -et on a souvent tendance à l’oublier-, le développement n’est pas seulement matériel, il est aussi dans tout ce qui peut apporter le bien-être. Et la culture en fait partie !